Agresseur de DOJO ou de RUE : Quelles DIFFÉRENCES ? [Self défense]

Agresseur de DOJO ou de RUE : Quelles DIFFÉRENCES ? [Self défense]

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La self-défense est une discipline qui tend vers le réalisme : Pas de techniques fantasmées, pas de superflu, discours adapté au contexte de la violence urbaine

Pour plusieurs raisons tenant à la substance même de la discipline, la self-défense ne peut en aucun cas être assimilée à un art martial ou à un sport de combat.

Pour autant, il faut savoir porter un regard lucide et objectif sur sa discipline et reconnaître qu’il existe un fossé entre une agression simulée, en salle, et une agression réelle, dans la rue, fossé qui ne pourra jamais être résorbé malgré toute la bonne volonté que l’on pourra y mettre.

Il est important de tendre vers le réalisme dans les échanges, mais force est de constater que dans les premiers temps nous avons tendance à incarner une parodie d’agresseur, un « agresseur de dojo ».

Un mal pour un bien ? Explications.

Comprendre la distinction entre « agresseur de dojo » et « agresseur de rue »

Au-delà des termes volontairement caricaturaux se cache une réalité dont il est important de prendre conscience afin de bien faire le distinguo entre la salle et la rue.

À la salle, cette différence se traduit souvent par des attaques très téléphonées, et parfois même rectilignes. Prenez l’image d’un robot effectuant de grands mouvements de haut en bas avec un couteau pour vous représenter la chose !

Et sur ces attaques irréalistes, nous travaillons des contre-attaques qui, nécessairement, sont déconnectées de la réalité des attaques.

En effet dans la rue, les attaques « bavent », comprenez qu’elles partent dans tous les sens, de tous les angles, changent en cours de route, en bref c’est le chaos.

Pour résumer, un agresseur de dojo c’est donc avant tout un partenaire complaisant, qui ne veut pas faire mal à son collègue. Avec des mouvements amples, il se prête aux jeux de rôles certes sans malfaisance, mais en n’ayant pas réellement pour objectif de toucher ses cibles. Pour preuve, si vous demander à un collègue de vous attaquer, il y a de grandes chance qu’il arrête ou dévie son coup par réflexe, pour éviter le contact !

C’est tout naturel et c’est une bonne chose, car nous ne sommes pas malveillant à la salle (encore heureux !). Cependant avec le temps il faudra forcer le naturel et, a minima, essayer de toucher ses cibles (en contrôlant bien entendu sa gestuelle pour ne pas blesser au contact). C’est rendre service à son partenaire que d’être un agresseur convaincant !

agression au couteau de haut en bas
Exemple d’attaque au couteau de haut en bas, particulièrement peu réaliste

À l’opposé de l’agresseur de dojo se trouve donc l’agresseur de rue, qui ne s’embarrasse bien entendu pas de votre intégrité physique. Désinhibés, ces individus chercheront à vous atteindre et y arriveront vraisemblablement à un moment ou à un autre, ce dont vous devez être conscient et y être préparé.

Pour reprendre l’image de l’attaque au couteau, soustrayez au robot un individu lambda, avec des attaques sèches, courtes, qui viennent d’on-ne-sait-où, avec des mouvements improbables, brouillons. La pire des situations en ce qui nous concerne, car un tel individu en veut véritablement à votre vie, pas à vos possessions…

Vous comprendrez bien que dans un tel scénario (extrême et peu fréquent, certes, mais qui a le mérite d’exister et malheureusement de se répandre, de nos jours), on est à milles lieues de notre agresseur d’élevage, propre sur lui et complaisant !

Agresseur de dojo, une étape nécessaire

Bien que les propos semblent péjoratifs à l’encontre de ces fameux agresseurs de dojo, caricaturer les mouvements demeure pourtant une étape logique et essentielle de l’apprentissage.

Les techniques trop complexes ne pouvant être assimilés d’emblée, il faudra passer par une succession de répétitions simples avant de commencer à intégrer convenablement lesdites techniques, créer un effet de déjà-vu.

Aussi, ces attaques téléphonées que nous évoquions plus tôt sont en réalité une étape naturelle du processus d’assimilation, permettant d’intégrer en douceur les techniques. Le but est bien évidemment de s’en détacher à long terme, mais pour courir, encore faut-il avoir appris à marcher !

Loin d’être un mal, cette phase d’apprentissage de la self-défense est donc une étape préliminaire. Il faut commencer par cela pour bien comprendre les principes et il faut en général plusieurs années avant d’arriver à un travail plus avancé.

Cela étant dit, les élèves doivent rester conscient que ce travail n’est pas qualitatif, qu’il ne colle pas DU TOUT à la réalité, que c’est une conséquence de leurs inexpériences (lacunes qui se résorberont avec le temps) et que ce n’est pas le niveau d’exigence que l’on attend d’eux sur le long terme.
Il ne s’agit que d’une tolérance de l’enseignant vis-à-vis des débutants, et il est dans l’intérêt de l’élève de s’élever dans sa pratique en haussant le niveau des jeux de rôles.

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